#MacroMémo

Sur notre radar cette semaine

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Chaque semaine, Eric Lascelles, économiste en chef de RBC Gestion mondiale d'actifs, fait le point sur l'actualité économique.


13 août - 17 août, 2018

Cycle économique  |  Perspectives de consommation  |  Compétitivité du Canada  |  Tarifs douaniers  |  et plus encore


Le point sur le cycle économique

  • Notre plus récent examen trimestriel du cycle économique étant maintenant terminé, nous arrivons à la même conclusion générale qu’au trimestre précédent. L’économie américaine se situe probablement à un « stade avancé » (voir le premier graphique), ce qui signifie que la croissance se poursuivra au plus pendant un an ou deux avant que le cycle économique arrive à sa fin naturelle.
  • Parmi les variables à l’appui de ce point de vue, soulignons l’absence de capacités excédentaires, des gains d’emploi marqués, une progression de longue durée des actions, un niveau de confiance élevé et quelques tremblements sur le marché du crédit.
  • Bien sûr, tous les indicateurs ne livrent pas le même message. Dans des cas extrêmes, quelques-uns vont jusqu’à indiquer que nous sommes encore au début du cycle, tandis qu’une poignée d’autres affirment exactement le contraire, soit que le cycle est actuellement en train d’agoniser. Ni l’un ni l’autre de ces scénarios n’est probable.
  • Si notre évaluation est erronée, il est plus vraisemblable que nous ayons légèrement anticipé les choses, plutôt que le contraire. Appuyant cette conclusion, la deuxième interprétation la plus courante dans notre modèle est celle d’une économie se situant « au milieu du cycle ». Ce scénario à contre-courant ajouterait quelques années de plus à l’expansion économique.
  • Le cycle a manifestement progressé à bon rythme au cours des derniers trimestres, les mesures allant de l’avant ayant surpassé les mesures en recul malgré une tendance centrale stable. Mais ce trimestre, il y a eu un nombre équivalent de mesures en évolution (stocks, prix et crédit) et en repli (rentabilité des capitaux propres, orientation des actions et volatilité).
Business cycle inputs

La consommation peut rester vigoureuse aux États-Unis

  • Malgré la hausse des taux d’intérêt qui pourrait freiner la consommation aux États-Unis, nous constatons que cinq autres facteurs restent favorables à une progression robuste des dépenses (voir le graphique suivant).
  • Premièrement, la création d’emplois demeure assez forte. Il est vrai que le dernier rapport a été quelque peu inférieur aux normes récentes, mais le résultat a quand même été positif et des révisions à la hausse ont largement atténué toute critique. Le très bas niveau des inscriptions au chômage donne à penser que la tendance pourrait persister.
  • Deuxièmement, la croissance des salaires s’est accélérée. Elle n’est pas tout à fait « solide », mais elle s’est assurément améliorée. Par ailleurs, d’autres mesures indiquent que les gains sont plus importants qu’il n’y paraît après correction des effets de composition.
  • Troisièmement, la confiance des consommateurs est assez élevée. On pourrait débattre de la question à savoir si cette variable augure d’une accélération des dépenses ou plutôt d’un potentiel moindre d’exubérance additionnelle, mais le fait est que les consommateurs sont enthousiastes, et que ce sentiment s’exprime souvent au centre commercial.
  • Quatrièmement, la richesse des ménages augmente de façon substantielle grâce à un accroissement constant des prix des maisons et à une progression (moins constante, mais néanmoins positive) des marchés boursiers. Ce facteur se répercute habituellement en partie sur les dépenses de consommation.
  • Cinquièmement, en raison d’une révision phénoménale du taux d’épargne personnelle aux États-Unis, on a soudainement découvert que les ménages américains ont mis de côté environ 7 % de leur revenu, soit plus du double de l’estimation précédente. Dans ce contexte, la croissance des dépenses de consommation pourra aisément surpasser celle des revenus personnels au cours des prochaines années sans entraîner une faiblesse problématique du taux d’épargne.
U.S consumer can remain buoyant

Les obstacles à la compétitivité du Canada diminuent

  • Depuis longtemps, la compétitivité du Canada nous inquiète. Une série de décisions politiques prises au cours des dernières années, tant au Canada qu’aux États-Unis, nous a rendus beaucoup moins compétitifs que nos voisins.
  • La plupart des obstacles demeurent, mais quelques événements récents, d’importance modeste à moyenne, devraient améliorer la situation :
    1. Le gouvernement fédéral prévoit atténuer l’incidence de la taxe carbone en augmentant le taux d’exemption pour les secteurs qui font face à la concurrence mondiale.
    2. Plusieurs projets de pipelines progressent. Le gouvernement canadien a défrayé la chronique en rachetant le pipeline Trans Mountain qui s’étendra à l’ouest des Rocheuses. Le nouveau tracé proposé pour la Ligne 3, le pipeline qui doit acheminer le pétrole de l’Alberta au Wisconsin, a reçu le feu vert environnemental de cet État.
    3. Les perspectives de l’ALENA se sont un peu améliorées, comme nous le verrons dans ce rapport. Par conséquent, les tarifs que les États-Unis imposent au Canada ne devraient pas beaucoup augmenter.
    4. Le régime fiscal des entreprises est l’un des thèmes que le ministre fédéral des Finances, M. Morneau, traitera dans la mise à jour budgétaire de l’automne. Pour le moment, on ne connaît pas l’importance des allègements éventuels, mais des mesures seront assurément prises.
  • En outre, les divers changements qui ont eu lieu montrent que le gouvernement commence à réagir au manque de compétitivité perçu. D’autres mesures sont envisageables.
  • Malgré toutes ces bonnes nouvelles, le Canada continue de faire piètre figure sur le plan de la compétitivité, tandis que les risques liés au marché du logement représentent un défi additionnel. Par conséquent, nous sommes un peu plus optimistes en ce qui concerne la croissance du Canada, tout en restant fondamentalement prudents./li>

Du nouveau concernant le protectionnisme

  • Comme toutes les semaines, il y a du nouveau en ce qui concerne le protectionnisme.
  • Dès le 23 août, les États-Unis appliqueront de nouveaux tarifs sur des importations chinoises d’une valeur de 16 milliards de dollars. La Chine ripostera par des mesures similaires.
  • Par ailleurs, les États-Unis menacent d’étendre les tarifs à l’équivalent de 200 milliards de dollars (voire 400 milliards) de produits venant de Chine (le taux qui a été discuté le plus sérieusement est de 10 %, mais un taux de 15 % a été mentionné au moins une fois). La Chine a répliqué en indiquant qu’elle taxerait d’autres importations provenant des États-Unis et représentant 60 milliards de dollars. Pourquoi la Chine est-elle nettement plus modérée que son partenaire ? Tout simplement parce qu’elle n’importe pas grand-chose des États-Unis. Bien entendu, elle pourrait imposer un tarif plus élevé sur un nombre de produits restreint ou élever des barrières non tarifaires pour égaliser les règles du jeu.
  • La Corée du Sud, le seul pays avec lequel le gouvernement Trump a conclu un accord commercial provisoire, a affirmé qu’elle ne signerait pas tant qu’elle n’aurait pas la garantie que ses automobiles seraient exemptées de tout tarif futur. La Corée a accepté d’ouvrir plus largement son marché automobile aux États-Unis et de limiter ses exportations d’acier vers ce pays. À notre avis, l’enjeu est discutable : il est peu probable qu’un tarif sur les automobiles soit mis en place tant il serait néfaste pour les deux parties.
  • L’avenir de l’ALENA nous paraît moins sombre, étant donné que les négociations menées par le Mexique et les États-Unis à propos du secteur automobile semblent avoir progressé. Lorsqu’elles aboutiront, le Canada pourrait temporairement se retrouver dans une situation difficile. Toutefois, nous croyons qu’en cas d’accord, celui-ci inclura les trois pays, car les divergences entre le Mexique et les États-Unis sont beaucoup plus profondes que celles qui existent entre le Canada et son voisin. (Voir ci-dessous le tableau des scénarios mis à jour.)
  • NAFTA renegotiation scenarios
  • Dans l’intervalle, nous devons désormais tabler sur le fait que le différend commercial entre la Chine et les États-Unis montera au moins d’un cran. Autrement dit, du point de vue général des États-Unis, le scénario le plus probable en matière de protectionnisme est passé de « légèrement négatif » à « négatif » (voir tableau suivant).
  • U.S trade scenarios for 2018-2019
  • Enfin, voici pourquoi les répercussions économiques théoriques des tarifs douaniers pourraient être moindres que prévu :
    • Aux États-Unis, les entreprises peuvent demander une dispense si elles ne sont pas en mesure d’obtenir le produit visé par le nouveau tarif douanier d’une autre façon. Jusqu’à maintenant, plus de la moitié des demandes de dispense déposées par suite de l’imposition du tarif sur l’acier ont été approuvées ; voilà qui montre bien que la hausse véritable du taux pourrait être en fait nettement inférieure aux calculs théoriques. Cependant, la logistique est problématique : seulement pour le tarif sur l’acier, 29 000 demandes de dispense ont été déposées. Les États-Unis ont depuis mis en place plusieurs autres tarifs douaniers. Le Département du commerce n’a traité que 1 317 de ces demandes sue l’acier pour l’instant. La seule lueur d’espoir réside dans le fait que le gouvernement semble vouloir considérer les demandes à l’échelon sectoriel plutôt qu’à l’échelle des sociétés.
    • Comme nous l’avons mentionné dans une capsule précédente, les gouvernements se sont empressés de venir en aide aux entreprises touchées, transférant une partie du fardeau du PIB vers une dette publique plus élevée.

Autres données

  • Autres baisses d’impôts aux États-Unis : Des rumeurs laissent entendre que les États-Unis amorceront d’autres baisses d’impôts.
    • Tout d’abord, il y a l’initiative « Tax Cuts 2.0 », qui vise à rendre permanent certains éléments temporaires mis en œuvre durant la première ronde de baisses d’impôts du président Trump. D’autres ajustements mineurs sont également proposés. Toutefois, cette approche doit être considérée comme une position politique visant à fouetter les Républicains avant une élection plutôt que comme une solution qui se concrétisera (surtout que les sondages prévoient que la Maison-Blanche passera aux mains des Démocrates).
    • Ensuite, il y a la récente proposition d’annuler l’impôt sur les gains en capital sur l’inflation. Cette solution permet effectivement d’éliminer les distorsions économiques, mais elle semble peu probable puisque sa mise en œuvre serait coûteuse et son administration complexe, et que d’autres distorsions surgiraient, à moins que les baisses d’impôts englobent aussi le revenu d’intérêt.
  • Le 6 août, les États-Unis ont rétabli les sanctions contre l’Iran, entraînant une augmentation des risques géopolitiques.
  • D’entrée de jeu, le marché de l’emploi canadien semble s’être démarqué en juillet : 58 000 emplois nets ont été créés et le taux de chômage a atteint son plus bas niveau du cycle, à 5,8 %. Dans les faits cependant, les données ont été quelque peu éclaboussées par une perte de 28 000 emplois à temps plein et une croissance des bénéfices prévisibles inférieure aux attentes. Il s’agit toutefois d’un rapport positif, appuyé de plusieurs autres semblables. L’économie canadienne est solide actuellement.
  • L’inflation aux États-Unis poursuit sa remontée. L’inflation de base se situe à 2,4 % – un sommet depuis le début du cycle –et poursuit sa remontée généralisée depuis la fin de 2017. L’inflation globale demeure élevée, à 2,9 %. Nous ne nous attendons pas à d’importants changements à cet égard, mais nous conservons nos prévisions supérieures aux prévisions générales en ce qui concerne les marchés développés pour l’année à venir.
  • Au début du mois d’août, l’emploi aux États-Unis était plutôt bon quoique toujours légèrement inférieur aux prévisions générales ; pour leur part, les indices ISM ont considérablement reculé. Tout pointe vers une croissance solide, mais les nouvelles données portent à croire qu’il est peu probable que les États-Unis puissent échapper au ralentissement économique qui sévit presque partout ailleurs.



30 juillet - 3 août 2018

Webémission  |  mesures de relance de la Chine  |  tarifs douaniers  |  taux d’épargne et plus encore


23 juillet - 27 juillet 2018

Le point sur les tarifs  |  L’influence de la Maison-Blanche  |  Le président Trump et la Russie


16 juillet - 20 juillet 2018

Cycle du crédit  |  Banque du Canada  |  marché canadien du logement et autres


9 juillet - 13 juillet 2018

Webémission  |  Protectionnisme  |  Ralentissement en Chine  |  Banque du Canada  |  Brexit  |  et plus encore


25 juin - 6 juillet 2018

Regard sur les placements mondiaux  |  Endettement des sociétés  |  Révision à la baisse des prévisions  |  Tarifs  |  Et plus encore


18 juin - 22 juin 2018

Banques centrales  |  Brexit  |  Protectionnisme  | 


11 juin - 15 juin 2018

Protectionnisme  |  pressions déflationnistes et bien plus  | 


4 juin - 8 juin 2018

Webémission  |  Stabilisation de la croissance  |  Protectionnisme  |  Résumé


28 mai - 1 juin 2018

Conditions financières  |  Marché canadien du logement  |  Accords commerciaux  |  Politique italienne


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Regard Sur Les Placements Mondiaux

Cette publication trimestrielle présente des prévisions détaillées pour les placements mondiaux, ainsi que des nouvelles sur l’économie et les marchés des capitaux.

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Perspectives Actuelles

Il a beaucoup été question récemment sur les marchés d’une inversion de la courbe des taux obligataires et de ce que cela pourrait vouloir dire pour l’économie. Lisez nos dernières réflexions à ce sujet.

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